Par centaines de mille, les usagers se sont prononcés contre la privatisation de La Poste. Les postiers, avec la population, plus forts pour gagner le retrait du projet de loi du gouvernement !
8 Octobre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #La Poste
Par centaines de mille, les usagers se sont prononcés contre la privatisation de La Poste.
Ils n’ont pas voté pour la réconstitution de la « gauche plurielle ».
Samedi 3 octobre, était organisée dans tout le pays la « votation citoyenne » sur la Poste.
Nous en retenons un résultat d’importance pour la suite. Par centaine de milliers, plus de deux millions selon les organisateurs, les citoyens ont exprimé à cette occasion leur opposition à la privatisation de La Poste.
Usagers des campagnes et des petites villes, des quartiers populaires, salariés des autres entreprises, citoyens excédés de la politique de casse des services publics, ils ont montré leur attente, leur disponibilité à se mobiliser, à intervenir pour mettre en échec la poursuite du processus de privatisation de La Poste. Ils en paient déjà assez cher les conséquences !
Un rapport de force national se construit pour défendre le service public de La Poste, faire reculer le gouvernement, après la journée d’action de rentrée, le 22 septembre, suivie par près de 100.000 postiers.
Dans le même temps, des batailles locales déterminées se multiplient face à des directions, inquiètes, qui hésitent entre apaisement et intimidation.
Ainsi quatre semaines de grève au bureau de Château-Rouge dans le 18ème arrondissement de Paris ont fait reculer d’au moins 9 mois le projet de « réorganisation ». Au centre de distribution du 17ème qui refuse, à nouveau, la perte de tournées et d’emplois, l’alourdissement de la charge de travail que représente le nouveau projet de restructuration, la grève a été suivie à 80% le 29 septembre et la direction a fait appel au CRS pour boucler le centre. Solidarité !
Les communistes mènent cette nouvelle bataille de La Poste depuis des semaines dans tous le pays. Beaucoup ont participé à l’organisation de la « votation ». Ils s’efforcent de préciser les contenus politiques de la lutte et les objectifs immédiats. C’est une nécessité.
Les gens se sont exprimés pour la Poste, ils n’ont pas voté pour la reconstitution de la « gauche plurielle ». Vraiment, la perspective politique immédiate est ailleurs !
Il n’aura pas échappé à grand monde que plusieurs objectifs différents se sont mêlés dans l’organisation de la « votation », notamment l’objectif politique d’afficher une large union des organisations de gauche (même si localement le Modem ou M. Dupont-Aignan ont été parties prenantes de l’initiative) et d’orienter l’opinion, sinon vers des « votations », vers de futures échéances électorales.
Nous comprenons nos camarades postiers, premiers choqués de voir les « éléphants » du PS être présentés en défenseur du secteur public nationalisé. Quilès n’est-il l’auteur de la loi qui a cassé les PTT et, une première fois, le statut en 1989/90 ? Le gouvernement de la gauche plurielle n’a-t-il pas approuvé les directives européennes de mise en concurrence et commencé à les appliquer (loi Voynet 1999) ? Qui a oublié que la privatisation partielle, pardon « l’ouverture du capital », de France-Télécom en 1997, malgré toutes les promesses du débat parlementaire de 1996 quand elle était dans l’opposition, fut l’œuvre de la gauche plurielle, de Jospin-Fabius-Aubry et cie (dont Mélenchon et Gayssot)?
Tout le monde peut changer d’avis! Mais on ne l’entend pas, au contraire, de ceux qui ne veulent surtout pas mettre en cause l’UE.
Ne laissons pas brouiller l’enjeu ! Clarifions-le pour gagner !
L’objectif de la bataille aujourd’hui n’est pas d’être bien défendu par la minorité du Parlement.
Il est de faire reculer le gouvernement en gagnant, en partant de la mobilisation des postiers et de la mobilisation populaire, le retrait immédiat du projet de loi de Christine Lagarde, comme nous avons gagné en 2006 contre le CPE.
L’objectif de la bataille n’est pas seulement de se positionner dans le vague contre la privatisation mais de commencer concrètement à inverser le processus de privatisation en mettant en échec les deux dispositions du projet de loi :
la transformation de La Poste en SA
la transposition de la 3ème directive européenne de mise en concurrence intégrale de la distribution du courrier.
La marchandisation et la concurrence, même « libre et non faussée » comme le dit l’UE, sont directement les instruments de la casse du service public, de la privatisation.
Communistes, nous portons ces objectifs et ces contenus parce qu’on ne gagnera cette nouvelle bataille qu’en mobilisant sur le fond. C’est le sens de la pétition, qui continue : voir au dos (2550 signatures dans les entreprises et les quartiers du 15ème).
Sarkozy vient d’annoncer qu’il reportait, une nouvelle fois, le projet de loi contre les lycées. Lui et ses conseillers savent qu’un large mouvement peut rapidement monter dans le pays pour battre sa politique, ici et maintenant.
Faisons aussi cette expérience !
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