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La Jeunesse ouvre la voie et montre l’exemple Pour l’Education Nationale : des moyens, pas la répression !

8 Octobre 2026

Depuis la mi-septembre, les lycéens se mobilisent massivement pour revendiquer une amélioration de leurs conditions d’enseignement. En soutien à ce mouvement, et pour dénoncer sa répression féroce, les syndicats des personnels de l’éducation nationale ont appelé à la grève le mardi 6 octobre. Cette journée fut un immense succès avec près de 450 000 manifestants dans toute la France dont un nombre considérable de lycéens venus porter dans la rue leurs revendications.

Ces dernières sont justes, structurées, légitimes, nombreuses, et recoupent largement celles des personnels de l’Éducation nationale qui restent sans réponse politique depuis des années. En témoigne la multitude de banderoles, de pancartes et de slogans portés par les jeunes, bien loin de la caricature du gouvernement et des médias patronaux, qui, depuis le début du mouvement, tentent de le réduire à une « agitation » dénuée de fond politique et aux débordements qui ont parfois pu avoir lieu. Dans de nombreux lycées et collèges, on manque de professeurs, de CPE, d’AED (assistants d’éducation), d’AESH pour les élèves à besoins particuliers. L’infirmerie scolaire, le soutien social et psychologique sont en souffrance. La réforme Blanquer du baccalauréat a eu pour conséquence directe de détruire les groupes classes au lycée, de complexifier les emplois du temps, d’introduire le contrôle continu et d’obliger les élèves à formuler des choix déterminants pour leur avenir dès l’année de seconde… La mise en place de Parcoursup a créé une situation anxiogène pour les élèves en plus d’augmenter encore la sélection sociale dans le supérieur. Les classes sont surchargées, les bâtiments comme les salles de classes souvent insalubres, et la rupture d’égalité est flagrante dans certains territoires. À titre d’exemple, et malgré la communication mensongère du ministre de l’Éducation nationale, l’État investit 30 % de moins par élève dans le département de la Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne nationale.

La Jeunesse ouvre la voie et montre l’exemple Pour l’Education Nationale : des moyens, pas la répression !

Tous ces problèmes et manquements sont les conséquences directes de la faillite de trois quinquennats successifs qui prétendaient faire de l’éducation leur priorité et qui, dans les faits, ont mis à terre le service public de l’éducation. Tandis que l’État fait le choix d’augmenter sans cesse les crédits pour l’armée (7 milliards d’euros d’augmentation prévue pour 2027, 36 milliards d’ici 2030) et d’offrir des cadeaux fiscaux au patronat (272 milliards d’euros par an), les économies réalisées dans le service public d’éducation ont pour conséquence la situation actuelle. Dans le même temps, le développement encouragé de l’enseignement privé déstabilise de plus en plus le système, tout en étant financé à plus de 75 % par de l’argent public. C’est chaque année 12,5 milliards d’euros qui sont spoliés à l’école publique, pour promouvoir le développement d’un système éducatif privé, fondamentalement inégalitaire et antirépublicain ! Les membres du gouvernement ont été prolixes et à verser des larmes de crocodiles sur la forte dégradation de la place de la France dans le classement PISA alors qu’elle est la résultante de leurs choix politiques iniques qui aboutissent à sacrifier les conditions d’enseignement pour la jeunesse.

Plutôt que de chercher à répondre aux revendications plus que légitimes des lycéens et des personnels de l’Éducation nationale, le gouvernement réprime les mouvements avec une violence encore inégalée dans l’histoire récente de la France : plus de 5 000 jeunes placés en garde à vue en une semaine et un nombre inédit de blessés graves parmi les manifestants. Certains ont perdu un œil, quand un autre a eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade de désencerclement. Le personnel de l’Éducation Nationale n’est pas non plus épargné lorsqu’il tente de s’interposer entre les forces de l’ordre et les lycéens. Un nouveau pas dans l’autoritarisme a été franchi avec la fermeture d’un grand nombre de lycées et l’interdiction des rassemblements dans plus de 500 lieux en France. Depuis maintenant plusieurs années, le gouvernement tente systématiquement de tuer dans l’œuf toute mobilisation étudiante en fermant administrativement les facs au moindre mouvement : il décide désormais d’étendre cette pratique aux lycées. C’est une première gravissime ! Face à une jeunesse mobilisée pour de meilleures conditions d’éducation, nous dénonçons et combattons cette bascule vers toujours plus d’autoritarisme et de violences d’État qui ouvrent une voie royale à l’accession au pouvoir de l’extrême-droite.

Extrême-droite qui présentait son « contre-budget » au moment-même où les lycéens manifestaient, et qui nous promet 140 milliards de dépense publique en moins, soit toujours plus de coupes sombres dans l’enseignement, la recherche, la santé, le social, l’environnement, etc. Le vernis « social » du RN que certains ont cru apercevoir a définitivement fait long feu, il est comme depuis toujours la roue de secours du Capital.

Ainsi, c’est bien la bourgeoisie qui se radicalise, pas la jeunesse ! Les casseurs de l’école publique, ce sont ceux qui se sont succédés au pouvoir depuis quatre décennies, pas les lycéens !

Le section du PCF Paris 15e apporte tout son soutien aux lycéens et condamne fermement la pathétique réponse autoritaire et violente du gouvernement.

Salutaire, le mouvement actuel de la jeunesse montre à l’ensemble de la population que le renvoi des problématiques aux échéances électorales de 2027 est une impasse aussi dangereuse qu’irresponsable et que seules la mobilisation et les luttes peuvent permettre de placer au centre du débat et de faire aboutir les revendications sociales. Il appelle à une convergence rapide avec les tous salariés et les fonctionnaires.

Nous exigeons :

📍 la prise en compte par le gouvernement des revendications légitimes des lycéens mobilisés,

📍 l’abrogation de la réforme Blanquer et de Parcoursup, la fin de la sélection à l’Université et la baisse des frais d’inscription,

📍 la mise en place des moyens nécessaires au service public d’éducation, notamment par la réorientation des 413 milliards d’euros de crédits militaires et la fin des cadeaux fiscaux faits au patronat et aux plus riches,

📍 Arrêt total du financement de l’école privé par l’État et les collectivités territoriales,

📍 un plan massif d’investissement pour la réhabilitation des établissements scolaires, de la maternelle à l’université,

📍 le recrutement massif d’enseignants titulaires via l’ouverture des concours, le dégel du point d’indice et une revalorisation massive des salaires des enseignants afin de rendre la profession attrayante et valorisante.

La Jeunesse ouvre la voie et montre l’exemple Pour l’Education Nationale : des moyens, pas la répression !

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